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La folie LSD
La drogue - par Bertrand Lemonnier dans mensuel n°266 daté juin 2002 à la page 48 | Gratuit http://www.edilivre.com/l-experience-psychedelique-timothy-…

Révolution psychédélique, aventure hippie, années pop et rock... La décennie 1960 voit naître, en Californie, une contre-culture qui gagne l'ensemble de la jeunesse occidentale. Les drogues, et en premier lieu le LSD, y tiennent une place centrale. Avant la répression. Et les désillusions.

En 1967, la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds est interdite d'antenne à la BBC. Motif invoqué par les censeurs : le titre de la chan-son forme les initiales « LSD* ». De fait, les « yeux kaléidoscopiques » , les « fleurs en Cellophane, jaunes et vertes [qui] poussent incroyablement haut » , évoqués dans Lucy in the Sky with Diamonds, sont des images qui traduisent bien les sensations éprouvées par les consommateurs de LSD.

La célébrité mondiale du groupe britannique pose un problème de conscience aux médias chargés de la programmation musicale : si les « gentils » Beatles parlent de drogue — même à mots couverts —, quels sont les risques d'une banalisation et d'une massification de pratiques jusque-là assez marginales ? Car la consommation du LSD est en train de se répandre, portée par la vague hippie.

1967 : c'est en effet l'explosion du « psychédélisme ». Le terme est né dix ans plus tôt dans les milieux médicaux pour désigner certaines substances hallucinogènes — on parle alors de « drogues psychédéliques » . Dans les années 1960, il devient emblématique d'une contre-culture, en rupture avec le modèle dominant de la société d'abondance et des valeurs qui s'y rattachent. Les drogues tiennent alors une place centrale d'où l'expression de drug culture : elles apparaissent comme un moyen à la fois d'évasion et de subversion.

Et le LSD est devenu la drogue à la mode. Il est de bon ton, surtout dans le monde du show-business, de ressembler aux individus que la presse appelle désormais les « hippies » 1 : ceux qui rejettent les conventions sociales, se droguent, prônent la non-violence, la vie communautaire, ont les cheveux longs et sales, portent de curieux vêtements chamarrés et écoutent de la musique pop.

Rien ne prédestinait pourtant cette substance chimique à devenir l'un des symboles de la contre-culture des années 1960. Fabriqué en 1938 par le chimiste Albert Hofmann, l'acide lysergique diéthylamide, appelé aussi « acide » ou « LSD 25 », est commercialisé par la firme suisse Sandoz à la fin des années 1940 sous le nom de Delysid pour un usage psychiatrique.

Il aurait pu poursuivre une paisible ? carrière pharmacologique sans l'action conjuguée de trois intellectuels qui ont placé les drogues au centre de leurs préoccupations : l'écrivain britannique Aldous Huxley, le chercheur en psychologie Timothy Leary et le poète beatnik2 Allen Ginsberg. Sans eux, les années 1960 auraient sans doute eu un tout autre visage.

C'est en 1954 qu'Aldous Huxley publie The Doors of Perception Les Portes de la perception puis, en 1956, Heaven and Hell Le Ciel et l'Enfer , récits inspirés de ses expériences liées à la prise de drogues, notamment de mescaline, un dérivé du peyotl, champignon hallucinogène répandu en Amérique du Sud. Quelques années plus tard, reclus en Californie, l'auteur du Meilleur des mondes décrit dans Island 1962 une curieuse utopie communautaire qui ressemble à s'y méprendre à la future société hippie : démocratie participative, équilibre sexuel, méditation bouddhiste, utilisations de drogues à doses toutefois raisonnables.

Le parcours de Timothy Leary est plus chaotique. Issu d'un milieu petit-bourgeois, catholique de souche irlandaise, Leary est un jeune psychologue, en poste à Harvard depuis 1959. Il découvre les champignons hallucinogènes en 1960 lors d'un voyage au Mexique, fonde un centre de recherche et initie ses étudiants au LSD 25, ce qui lui vaut en 1963 d'être radié de son université. Il devient le gourou de la « révolution psychédélique ».

Allen Ginsberg, juif, homosexuel, fils d'un poète et d'une militante communiste qui meurt en hôpital psychiatrique, fait, depuis les années 1940, l'apologie des drogues amphétamines*, morphine, héroïne* en compagnie de l'écrivain William Burroughs, dans une perspective de dérèglement des sens et d'autodestruction inspirée de Rimbaud. En juin 1959, il est l'un des tout premiers beatniks à être initié au LSD, avec une équipe de recherche de Stanford. Après quoi il écrit le poème « Lysergic acid » et fait la rencontre de Timothy Leary à Harvard3.

A partir de 1963, l'hédonisme beatnik prend une nouvelle dimension dans une frange marginale de la jeunesse de New York et de San Francisco. Un certain nombre de ses représentants, à la suite d' Allen Ginsberg, radicalisent leur message politique et alimentent la contestation étudiante contre la guerre du Vietnam. D'autres contribuent à forger sur les routes américaines le mythe hippie. L'un des premiers à expérimenter le LSD, Ken Kesey, l'auteur de Vol au-dessus d'un nid de coucou 1962, avec sa bande des Merry Pranksters embarqués dans leur bus coloré, porte la bonne parole psychédélique d'une côte à l'autre du pays. En 1965, sa maison près de San José est le centre névralgique des acid tests , séances collectives de « libération mentale » et de connaissance de soi.

A la même époque, le quartier de Haight Ashbury à San Francisco, près du quartier noir de Fillmore, devient le lieu de rassemblement des premiers authentiques hippies. Ceux-ci mènent, dans des squats sordides, une vie communautaire faite de liberté sexuelle, de méditation de type bouddhiste, de consommation de nourriture macrobiotique et de drogues en tout genre.

Un véritable ghetto s'y organise avec ses acid heads les « vétérans », ceux qui ont l'expérience des drogues hallucinogènes, ses réunions le Human Be-In du Golden Gate Park en janvier 1967, considéré comme le premier grand rassemblement hippie, sa presse, son système de prestations sociales, ses boutiques pour touristes comme la Psychedelic Shop qui fait vivre la communauté en vendant des colliers, des posters, des tissus indiens, des ponchos mexicains et autres « souvenirs », ses boîtes de nuit, ses galeries d'art, son jargon, son style vestimentaire, ses idoles Ginsberg, Leary et... Bouddha, ses groupes musicaux, tels Thirteenth Floor Elevator, les Fugs, le Jefferson Airplane, le Grateful Dead.

Le rock psychédélique ou « acid rock » , souvent composé et joué sous dépendance toxique, est constitué de longues plages musicales improvisées, où les collages, les sons stridents, les guitares électriques saturées sont inséparables de multiples jeux de lumière rappelant les formes et les couleurs d'un voyage sous acide. Les influences orientales y sont nettes, l'utilisation d'instruments traditionnels comme le sitar fréquente.

Cet univers est dominé par le LSD, drogue bon marché 2 dollars la dose et dont l'usage est d'une déconcertante facilité. L'acide se présente, à l'état pur, sous la forme d'une poudre cristallisée blanche, inodore et soluble dans l'eau ; il peut s'absorber en pilules ou en doses liquides sur des cubes de sucre ou sur du papier buvard que l'on laisse désimbiber sur la langue.

Si l'on ne risque pas d'overdose mortelle ni de réaction de sevrage après l'interruption brutale de la consommation — comme pour l'héroïne ou la cocaïne* —, le LSD est pourtant la drogue la plus puissante de la catégorie des hallucinogènes, bien plus active par exemple que la mescaline. Même à des doses infimes 100 microgrammes, il provoque d'importantes altérations de la perception ; les cas de folie ne sont pas rares après un trip « voyage » sous dépendance toxique trop long et trop intense.

En 1966, le psychédélisme sort de son ghetto californien. Il touche d'abord les milieux de la bohème new-yorkaise, qui avaient jusque-là privilégié le jazz et le folk. Dans la Factory lieu interlope de création artistique et de consommation de drogues, l'artiste pop art Andy Warhol propose un spectacle psychédélique combinant jeux de lumière, diaporamas et films expérimentaux.

Capitale de la mode pop depuis 1964, Londres se convertit à son tour en 1966-1967. Le club UFO, fréquenté par le gotha de la pop musique, du cinéma et de la télévision, fait connaître de nouveaux groupes psychédéliques comme Pink Floyd et Soft Machine. Les journaux de l' underground londonien, comme l' International Times ou OZ , militent activement pour la liberté sexuelle et la légalisation des drogues.

En 1967, le mouvement psychédélique s'amplifie. Plus de 1 000 journalistes couvrent avec une certaine curiosité le tout premier « festival international de pop musique », à Monterey Californie en juin, qui rassemble 200 000 hippies et révèle au grand public de très nombreux artistes britanniques et américains. Au sommet du hit-parade, un inconnu nommé Scott McKenzie invite par une gentille chansonnette à se rendre à San Francisco, la capitale mondiale des « flower people » : « Si tu vas à San Francisco, ne manque pas de mettre des fleurs dans tes cheveux. »

Durant l'été, de grandes campagnes de légalisation des drogues sont lancées, sur fond de contestation de la guerre du Vietnam et d'émeutes raciales. En Angleterre, le vénérable Times de Londres accepte en juillet 1967 de publier une pétition réclamant la légalisation de la marijuana, signée par une série d'artistes et d'intellectuels, de médecins, de parlementaires de gauche.

Le mot d'ordre des hippies, « Peace and Love » , se charge d'une dimension révolutionnaire : il s'agit désormais de « changer le monde » en « changeant son esprit » , pour reprendre les paroles d'une célèbre chanson des Beatles, Revolution , diffusée en 1968 sur toutes les stations de radio. Dans le contexte du printemps 1968, la libération du corps et celle de l'esprit ne sont plus incompatibles avec la libération politique et sociale.

La France gaullienne, jusque-là en sensible décalage avec les événements culturels anglo-saxons, finit elle aussi par s'intéresser au psychédélisme. Pour s'en émerveiller. En 1966 naît la revue Rock and Folk , dont les lecteurs sont fascinés par ce qui se passe en Angleterre et aux États-Unis ; le photographe et journaliste Alain Dister, parti en reportage sur la « route » américaine, envoie au journal ses impressions sur le mouvement hippie, publiées en octobre 19674.

Ou pour s'en inquiéter. Le Crapouillot lance une grande enquête sur le LSD dans un numéro spécial de 1966, dans lequel François Mauriac prononce une véritable homélie anti-drogues : « Ô mes jeunes frères, croyez en le vieil homme. [...] J'ai toujours refusé de toucher aux philtres qui nous livrent sans recours à la puissance des ténèbres. Il vous reste à vivre, d'assumer la vie. Il vous reste de savoir ce que vous êtes venus faire au monde et pourquoi vous avez ce coeur en vous qui s'attache et qui souffre.

Il vous reste d'aider et de servir vos frères, d'abord les plus proches, ceux de France — la France ! »

De fait, en face de la montée de la consommation des drogues, les pouvoirs publics renforcent la législation tout en cherchant à faire des exemples. Le LSD est interdit aux États-Unis pour un usage non médical en 1965, retiré du marché en 1966 et définitivement illégal à la fin de l'année 1967. Une première infraction est passible de 1 000 dollars d'amende et de six mois de prison.

Après les beatniks — Ginsberg est poursuivi dès 1965 par la justice pour détention de marijuana, Kesey fuit à Mexico avec ses Pranksters —, les célèbres pop stars sont aussi inquiétées par la police et la justice : Mick Jagger et Keith Richards, des Rolling Stones, sont inculpés en Angleterre pour détention d'amphétamines et de cannabis*, condamnés à la prison, puis relaxés en appel début juillet 1967.

C'est que les vedettes du rock paient un lourd tribut à leur mode de vie : entre 1967 et 1971 disparaissent de talentueuses personnalités, Janis Joplin, Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison. En 1969, le film Easy Rider raconte l'errance tragique de deux marginaux, Billy et Wyatt, joués par Dennis Hopper et Peter Fonda, toxicomanes notoires dans la vie réelle.

La même année, le massacre de Sharon Tate l'épouse, enceinte, du cinéaste Roman Polanski et de six autres personnes en Californie par les membres d'une secte dirigée par le gourou hippie Charles Manson permet à la presse de faire l'amalgame entre la consommation de drogues et la montée d'une violence gratuite et sanguinaire.

La répression policière et judiciaire s'accentue. Ce qui n'empêche nullement une massification de la consommation. La dissuasion par la coercition n'a strictement aucun effet. D'autant que les autorités ferment les yeux sur une utilisation massive des drogues — surtout la marijuana — par les soldats envoyés au Vietnam.

De même, les grands rassemblements de la fin des années 1960 Woodstock et Altamont en 1969, l'île de Wight en 1969 et 1970 sont des manifestations de masse autorisées, alors qu'il est clair que les drogues font partie intégrante de la fête. D'après les chiffres officiels, plus de 3 millions de personnes ont assisté à un festival pop sur le sol américain entre 1967 et 1970.

Celui de Woodstock, dans l'État de New York, à la mi-août 1969, attire à lui seul près de 1 million de personnes. Tremplin commercial pour les groupes en quête de reconnaissance, le festival est aussi une tri-bune politique internationale contre la guerre du Vietnam et une gigantesque manifestation hippie, où la toxicomanie prend d'inquiétantes proportions : certains musiciens montent sur scène en état de totale dépendance ; les overdoses et les malaises dans la foule se comptent par centaines.

Au début des années 1970, cependant, le LSD est devenu une drogue hors-la-loi dans le monde entier, interdite par l'ONU dans sa convention sur les psychotropes. En France, la loi du 31 décembre 1970 prend en compte la montée de la toxicomanie chez les jeunes, que l'on considère volontiers comme un aspect de la dissolution des moeurs depuis mai 1968. Cette loi incrimine, pour la première fois en France, l'usage simple de substances classées comme stupéfiants, sans distinction entre les drogues douces et dures, entre l'usage en privé et en public, entre l'usage régulier et occasionnel.

Aux États-Unis, le pape de l'acide, Timothy Leary, doit fuir son pays, avant d'être arrêté en Afghanistan en 1973 par la DEA Drug Enforcement Agency et de faire trois ans de prison en Californie.

Après avoir enregistré un net recul dans les années 1980 au profit d'autres drogues, la consommation d'hallucinogènes a repris dans les années 1990. En France, des enquêtes effectuées en 1995 ont montré que 1,5 % de la population adulte avait utilisé du LSD et que 0,4 % des jeunes hommes convoqués dans les centres de sélection des armées en avait absorbé au cours des trois mois précédents. Dans l'Union européenne, c'est au Royaume-Uni que le LSD est le plus consommé : 69 % des saisies de LSD dans l'Union européenne y ont lieu5. Aux États-Unis, une enquête fédérale de 1998 révèle que 7,8 % de la population âgée de plus de douze ans ont consommé au moins une fois du LSD dans leur vie, contre 4,4 % en 1985. La proportion atteint 14 % dans les milieux étudiants.

Ce retour en force du LSD est à mettre en relation avec le développement des rave-parties , rassemblements semi-clandestins de jeunes dans des bâtiments isolés, des entrepôts ou des terrains vagues, où l'on danse toute la nuit dans une ambiance qui rappelle le psychédélisme des années 1960 : jeux de lumière, musiques syncopées, prise d'amphéta-mines comme l'ecstasy*.

De toute évidence, la carrière de l'acide lysergique diéthylamide est loin d'être terminée. En dépit d'une certaine banalisation des drogues, cet hallucinogène n'est pas un produit ordinaire ; il demeure un véritable mythe, associé d'abord à la Beat generation puis au mouvement hippie. Si le LSD n'a pas « changé le monde » et s'il a engendré de nombreuses désillusions personnelles et collectives, l'historien doit retenir son rôle clé dans l'émergence de la contre-culture des années 1968.
Par Bertrand Lemonnier

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